Lanaudière… moutons, carottes, bâtons!

6 mars, 2008

Réaction au rapport Pronovost, par Marc-Antoine Minville*

Classé sous Débats et réflexions — Marie-Odile Lebeau @ 11:56

Vous pouvez lire le rapport final de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois à l’adresse suivante:

www.caaaq.gouv.qc.ca/userfiles/File/Dossiers%2012%20fevrier/Rapport%20fr.pdf -

Lueur d’espoir pour la paysannerie et les habitants du Québec 

Joliette, 6 mars 2008 

Il y a maintenant plus de 3 semaines que la Commission sur l’avenir de l’agriculture a déposé son rapport. Un rapport étonnant. Sans trop vouloir l’avouer, nous avons tout de même été surpris par le contenu de ce document. Surpris par l’exactitude des problèmes identifiés et des solutions à leur apporter, nous nous attendions à beaucoup plus d’abnégation face aux problèmes agricoles de notre petite patrie… 

Toujours, les commissaires semblent avoir tenté de peser les milliers de propositions selon leur valeur en termes de bien commun, de démocratie et de respect de l’environnement. Il s’en dégage une candeur certaine. Peut-être est-ce la joie de voir couronnées tant d’années de combat, durement (mais joyeusement) menées pour l’agriculture biologique, pour la santé et l’environnement,  pour la démocratie, pour le développement rural et la décentralisation des pouvoirs en région. Pour moi, l’Union paysanne reçoit ici sa mention d’honneur. 

Mais qu’on ne me méprenne pas ! Cette lutte n’est pas seulement celle de l’Union paysanne, projet ambitieux et avant-gardiste d’à peine 6 ans (!), mais bien celui de tout un pan de notre histoire agricole. Il faudrait être amnésique pour ne pas reconnaître ce travail inlassable de milliers de paysannes et de paysans, depuis les premiers cercles d’agriculteurs qui formèrent dans les années 20 l’Union des Cultivateurs Catholiques et les premières coopératives, jusqu’aux grands développements agricoles d’aujourd’hui… Plus  précisément, le rapport Pronovost est un trophée pour ces visionnaires qui, déjà il y a trente et quarante ans de cela, avaient identifiés les pratiques écologiques comme étant les seules qui soient dignes d’être appliquées sur leurs terres. Qu’on pense à ceux et celles qui ont milité avec le MAB (Mouvement pour l’Agriculture Biologique) et qui ont diffusé de l’information par la revue Humus. Ces visionnaires ont ramé à contre-courant, plus souvent qu’il ne faut avec des moyens financiers bien en deçà de la moyenne, pour concrétiser le rêve d’un travail en harmonie avec la nature. Oui, il y a quarante ans, il y a des gens qui développaient déjà ce qu’on appellera bientôt l’agriculture de l’avenir. 

En ce début de printemps 2008, nous pouvons dire que les constats et les diagnostics ont été posés et que la population a parlé, au travers du rapport Pronovost. Les bases -solides- de cette agriculture de demain seraient-elles bientôt posées au Québec? Pas d’illusion! Un rapport seul ne peut faire le poids et changer le monde… ce que ça prend, c’est un rapport … de force! Et une vision. Québécoises et québécois, il est venu le temps de confirmer notre volonté de pouvoir choisir le type d’agriculture qui sera pratiqué chez nous. La souveraineté alimentaire, ça n’est pas un parti politique! Ni même vraiment une option politique. C’est une condition première à la survie, à la santé et à la sécurité d’un peuple. C’est la case départ de tout développement vraiment durable. Ceux qui ont de la misère avec le terme “souveraineté” alimentaire jouent avec les mots. Et ils jouent avec notre avenir, pour protéger des intérêts financiers plutôt de nationaux. 

Il est maintenant temps d’affirmer et de réaffirmer haut et fort le type d’environnement dans lequel nous voulons vivre. Ne laissons pas la langue de bois et les discours technico-économiques saper ces 40 ans d’efforts, agissons maintenant pour notre bien et celui de nos enfants! 

Marc-Antoine Minville 

Membre de l’Union paysanne et fervent défenseur de nos campagnes 

450-960-0606 

fermenterre@hotmail.com 

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L’Union paysanne en appelle à toutes les forces vives citoyennes, paysannes et militantes qui se sentent concernés par l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation. Parce que c’est un enjeu de santé publique et de développement régional. Parce que c’est de notre environnement dont il est question, ici au Québec certes, mais aussi parce que notre alimentation repose aujourd’hui sur une agriculture provenant de partout autour du globe.

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* Marc-Antoine Minville est responsable des communications au Conseil de coordination de l’Union paysanne et travaille ici en transformation de produits maraîchers, avec Fermenterre, spécialisée dans les lactofermentations.

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